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Migration Internationale

CERMID

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Fax : 05 22 86 35 33
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Mot du Président Imprimer

Le départ pour l’étranger est perçu par le candidat comme un moyen sûr pour trouver un emploi, pour venir en aide à une famille nombreuse, pour réaliser une promotion sociale et encore pour être à l’abri du besoin. Le Dialogue de haut niveau sur les migrations internationales et le développement (14-15 septembre 2006) a reconnu que les migrations internationales touchaient approximativement tous les pays du monde. Tout en soulignant que les envois de fonds constituent l’avantage le plus évident des migrations internationales pour les pays en développement. Le volume de ces transferts avait sensiblement augmenté au cours des dernières années. En effet, selon les estimations de la Banque mondiale, les envois de fonds ont plus que doublé entre 1995 et 2005 en passant de 102 milliards de dollars EU à 232 milliards de dollars EU. La part destinée aux pays en développement a augmentée, passant de 57 % (58 milliards de dollars) à 72 % (167 milliards de dollars) (Les transferts effectués à travers les réseaux informels sont évalués à près de 50% des montants enregistrés officiellement). Il a été souligné que les transferts sont supérieurs au total de l’aide octroyée au développement (87 milliards) et viennent juste après les IDE estimés à 625 milliards de dollars EU (2005).

La question de la migration internationale et de son lien avec le développement revêt une importance particulière pour le Maroc (plus de 3 millions des émigrants dont plus de 2/3 sont installes en Europe). En effet, les transferts de fonds provenant des d’expatriés marocains connaissent une évolution notoire et constituent une source appréciable de devises. Elles sont estimés, en 2005, à plus de 4,46 milliards de $ EU.

Dans ce sens, le Maroc a récemment adopté des mesures pour en optimiser les bénéfices et diminuer leurs aspects négatifs, particulièrement à travers la collecte des données sur la migration, la stimulation des transferts et de leur investissement productif, et mettre en place de liens avec les diasporas d’intellectuels et d’entrepreneurs. Des mesures ont pareillement été prises sur le plan institutionnel pour placer la question de la migration dans le contexte du développement national et local. Cependant, il existe toujours un manque frappant des études empiriques dans le contexte Méditerranéen qui peuvent donner une idée plus précise sur les interactions migration-transferts de fonds-développement.

C’est en réponse à ces besoins, qu’on a crée le CERMID qui vise à étudier les caractéristiques des émigrants marocains en Europe et à éclairer les interactions entre les mouvements migratoires et le développement afin d’analyser la question des déterminants de transferts de fonds ainsi que l’impact économique des transferts de fonds sur le développement local, régional et national au Maroc, en application des données macroéconomiques et d’enquêtes.

Le CERMID a pour principal objectif l’identification de mesures concrètes et innovantes qui pourraient être adoptées par les gouvernements, le secteur privé, les associations de migrants, le secteur banquier et les chercheurs afin que les migrations internationales puissent jouer un rôle primordial au processus de développement des pays de départ.

Aussi, dans le souci de développer les connexions :

  • Entre l’économie, la démographie, la sociologie, l’anthropologie, l’histoire, la géographie, la science politique et le droit ;
  • Entre les champs de recherche sur le développement, la croissance, la famille et les migrations internationales

En même temps, on vise à atteindre un public plus large et surtout pour contribuer au débat sur migration et développement, qui est fortement dominé par des études menées dans le contexte de la migration mexicaine-américaine, dans lequel le perspectif Méditerranéen est souvent absent.

Rachid CHAABITA

Président du CERMID